Blog d'archives informatives. S'informer, informer, relayer.
Les Présidents de France Télévisions et de Radio France seront désormais nommés par le Chef de l'Etat, au lieu du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA)
Extrait du Journal L'Express du 4 décembre 2008
L'article du projet de loi sur l'audiovisuel public a été entériné par les députés, non sans une âpre bataille parlementaire.
La loi sur l'audiovisuel public a franchi une étape importante. L'article 8, qui prévoit que les dirigeants de France Télévisions et de Radio-France seront désormais nommés en Conseil des ministres après avis conforme du CSA et accord du Parlement à la majorité qualifiée, a été adopté par 42 voix pour et 21 contre. La majorité s'est prononcée pour tandis que l'opposition a voté contre. Quant aux députés du Nouveau Centre, ils se sont abstenus.
Considérant que la nomination du PDG de France TV par le chef de l'Etat était "liée au fait du prince", l'opposition a laissé entendre qu'elle saisirait le Conseil constitutionnel sur cette mesure.
"Lorsque vous aurez voté, vous aurez institué une télévision à la botte qui sera la risée des grandes démocraties", a lancé juste avant le vote Noël Mamère (Verts).
Le député Vert Noël Mamère dénonce la création d'une "télévision à la botte".
"Une véritable honte", a crié Didier Mathus (PS), obtenant une énième suspension de séance.
Avant le vote de l'article 8, le député UMP Didier Herbillon a invoqué le règlement de l'Assemblée pour abréger la discussion face à la guérilla d'amendements que mène la gauche.
L'UMP voulait ainsi protester contre ce qu'elle appelle "l'obstruction" de l'opposition, qui s'exprime très longuement sur chaque article.
L'UMP veut "un véritable débat et non pas cette mascarade qui consiste depuis maintenant près de 40 heures à subir des suspensions de séance, des rappels au réglement agressifs, des caricatures...", a déclaré le patron des députés UMP Jean-François Copé.
Les élus PS, PCF et Verts estiment qu'ils font acte de "résistance" à un texte qui marquent selon eux un retour à "l'ORTS" (Office de radio-télévision sarkozyenne), allusion à l'ex-ORTF.